Entrées tardivement dans le salariat, les femmes ont dû se conformer à une organisation du travail profondément androcentrée et inégalitaire qui dénie les problématiques de santé qu’elles peuvent rencontrer tout au long de leur vie comme de leur carrière et méconnaît la pénibilité spécifique des emplois féminins.
Si les tabous relatifs aux menstruations, à l’endométriose, à la ménopause ou encore aux parcours de PMA ou de transition se fissurent, que les voix qui s’élèvent commencent à être entendues, qu’une prise de conscience émerge peu à peu et que des droits sont gagnés par nos collègues, le retour de bâton n’est jamais très loin. La FERC CGT rappelle que le travail doit être adapté à l’humain et pas le contraire et c’est à ce titre qu’elle revendique depuis son dernier congrès qu’un congé menstruel soit accordé aux femmes qui le souhaitent.
Le combat pour l’égalité professionnelle se joue aussi en matière de santé !
Santé des femmes : une médecine encore trop androcentrée et sexiste
Prise en charge, suivi médical, posologie et effets secondaires des traitements… la sphère de la santé n’est pas exempte d’inégalités.
Biais sexistes et stéréotypes de genre entravent le parcours de soins des femmes.
Connue sous le nom du syndrome de Yentl, cette situation est la résultante d’un système de recherche médicale centré sur « l’homme blanc moyen » qui conduit à des diagnostics erronés et des pertes de chances d’être diagnostiqué·e. Jusqu’à la fin du XXe siècle, les femmes ne sont en effet pensées que comme des exceptions à la norme masculine, sauf en matière de santé reproductive et sexuelle, conduisant à une situation paradoxale : surspécialisation dans le domaine gynécologique et hormonal et invisibilisation des autres aspects de leur santé.
À symptômes de troubles cardiaques identiques, ceux des femmes ont trois fois plus de risques d’être associés à des causes émotionnelles plutôt que biologiques. L’infarctus du myocarde est quant à lui moins bien repéré, les symptômes féminins spécifiques étant moins étudiés.
En cas d’accident vasculaire cérébral, la rééducation proposée aux femmes est moins ambitieuse, patient·es et soignant·es partageant l’idée de prioriser un retour aux tâches domestiques plutôt qu’à celles rémunérées. Et pour ce qui est de la douleur, elle est banalisée par le corps médical et minimisée par les femmes elles-mêmes.
Dans la sphère du travail et des maladies professionnelles, les troubles musculo-squelettiques touchent 60 % des femmes (contre 51 % des hommes), leur souffrance psychique est deux fois plus élevée (6 % contre 3 %) et les risques liés à leur exposition tout au long de leur vie à des pro-duits potentiellement toxiques, « l’exposome », ne sont que très peu documentés.
Il est urgent de chausser les lunettes du genre pour que la santé des femmes ne soit plus un impensé et cesse d’être « féminimisée » !
- Les professionnel·les du secteur médical doivent être mieux formé·es aux problématiques de santé féminine
- Les répercussions du travail sur la santé des femmes doivent être documentées et mener à une réévaluation des maladies professionnelles
- L’évaluation des risques professionnels doit être différenciée et, en application de la loi, le DUERP [Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels] doit être genré
- Les politiques de prévention doivent être adaptées et l’environnement de travail aménagé.
Le chantier est lourd mais fondamental pour gagner l’égalité, en matière de santé comme sur le plan professionnel.
ENDOMÉTRIOSE : en France, les différentes formes d’endométriose touchent entre 1,5 et 2,5 millions de femmes en âge de procréer, soit environ 10% des femmes. 65% d’entre elles déclarent que leur maladie a des impacts négatifs sur leur vie professionnelle.PÉRIMÉNOPAUSE et MÉNOPAUSE : en France, 500 000 femmes entrent progressivement dans la ménopause chaque année. Cet état physiologique naturel concerne 14 millions de femmes, dont 100% de celles âgées de 55 ans ou plus. Il peut provoquer des maladies cardiovasculaires, des troubles du sommeil, des risques osseux…
